D’une valeur estimée actuellement à 178 000 milliards de dollars, les marchés financiers mondiaux comptent parmi les plus puissants moteurs de croissance économique et de création de richesse. Ils permettent aux pays de réduire leur dépendance à l’égard des financements extérieurs, d’attirer des investissements pour financer l’innovation et de promouvoir une croissance durable en augmentant les possibilités d’emploi pour leur population grandissante. De plus, les nouvelles techniques d’ingénierie financière et de financement de projets permettront aux marchés financiers de contribuer grandement à pourvoir aux besoins de financement d’un pays et à mobiliser l’épargne locale et étrangère dans des secteurs essentiels pour son développement comme le logement, le climat et l’infrastructure.

Et pourtant, peu de pays en développement tirent profit de ces avantages. Si l’on exclut la Chine, à peine 11% des titres de participation et de dettes recensés à l’échelle mondiale ont été émis dans des marchés émergents en 2019. En Afrique, on n’a pratiquement pas ressenti l’impact des marchés financiers.

Il s’agit là d’une occasion manquée.

La Banque mondiale et l’IFC ont établi le programme conjoint de développement des marchés financiers (J-CAP) en 2017 pour aider les pays en développement à tirer profit des avantages que procurent les marchés financiers locaux solides. Première initiative du genre, le J-CAP met à contribution des experts de tous les services du Groupe de la Banque mondiale dans le but d’apporter aux pays des conseils et des investissements adaptés à leur situation particulière et en mesure de produire un impact systémique.

Par J-CAP, le Groupe de la Banque mondiale cherche à remédier aux principaux problèmes qui entravent la mise en place d’un environnement favorable à l’investissement, en travaillant de concert avec des investisseurs locaux et étrangers pour attirer des capitaux privés dans des secteurs stratégiques. Au Kenya, par exemple, le J-CAP collabore avec des fonds de pension à la mise en place d’un instrument qui permettra de lever sur les marchés financiers des financements à long terme pour des projets d’infrastructures.

Le J-CAP n’agit pas partout dans le monde, mais s’occupe essentiellement de six pays et d’une sous-région prioritaires qui sont: le Maroc, le Kenya et l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) en Afrique, le Pérou en Amérique latine, ainsi que le Bangladesh, l’Indonésie et le Vietnam en Asie. Toutefois, cette initiative est appelée à essaimer.

Dans le cadre du J-CAP, la Banque mondiale et l’IFC travaillent avec les responsables publics à:

  • Mettre en place un cadre propice au développement de marchés financiers sains en leur offrant une assistance technique (par exemple, pour la modernisation de l’infrastructure de marché, l’amélioration du cadre réglementaire et/ou le renforcement des capacités de supervision).

 

Dans le cadre du J-CAP, la Banque mondiale et de l’IFC s’emploient avec des investisseurs ainsi que des gestionnaires et des émetteurs d’actifs à:

  • Entreprendre des investissements d’ancrage dans des secteurs stratégiques de l’économie;
  • Fournir des rehaussements de crédit (IFC, Banque mondiale, MIGA) pour réduire les coûts et attirer la participation du secteur privé;
  • Offrir des solutions en monnaie nationale (y compris les émissions d’obligations, les produits dérivés et structurés).

 

Au sein de l’UEMOA, le J‑CAP a pour but de mobiliser des investissements privés pour financer des secteurs essentiels de l’économie et rendre le marché régional plus attrayant pour des investisseurs à long terme. Adopté en décembre 2018, le plan d’action pour le développement des marchés financiers de l’UMOA a quatre grandes composantes:

1Création d’un cadre porteur: en travaillant sur la dette souveraine et le marché interbancaire; l’accès des investisseurs internationaux et régionaux au marché régional; la protection des investisseurs en cas de pertes d’actifs; la modernisation du régime fiscal applicable aux produits financiers; la diminution des coûts de transaction.

2Promotion du financement à long terme: en travaillant sur des réformes structurelles du cadre réglementaire qui favorisent de nouveaux modes de financement des projets d’infrastructures, du logement, des petites et moyennes entreprises (PME) et de la transition climatique et sociale par le biais du marché en faisant intervenir de nouveaux produits d’investissement comme des fonds de participation et des fonds immobiliers, des titres adossés à des actifs, des obligations vertes et des obligations garanties.

3Renforcement des capacités et transfert de connaissances: en renforçant la discipline du marché par des moyens de supervision et des régimes de sanctions appropriés.

4 Opérations modèles: en se servant des investissements de l’IFC en monnaie nationale pour démontrer le bien-fondé du nouveau cadre, attirer de nouveaux investisseurs et émetteurs d’actifs et ouvrir la voie à des opérations similaires. Le programme de bourses IFC-Milken Institute, qui permet à des cadres moyens de la fonction publique de suivre des cours sur le développement des marchés financiers.

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